Posts Tagged ‘Murat’

High Fidelity (And Nick Forever).

Le 25 fév 2014 — par sy!
dans Mon avis m'intéresse, Play It Loud

Je ne suis pas fan des chaines habituellement, encore moins quand elles émanent de Facebook, mais quand la chaine consiste en une liste avec de la musique, c’est difficile de ne pas répondre…
Donc un ami me demande je cite la liste des 10 albums que j’ai du le plus embarquer, ou dont je pense ne pas me lasser, dans mon baladeur numérique… Ceux aussi qui m’ont mis une claque lors de leur découverte…
Comme il y a longtemps que je n’avais pas joué à ce jeu qui a pourtant occupé des soirées entieres (lister des albums/morceaux)* Je m’y suis plié volontiers….
Alors pour que l’exercice soit amusant il faut évidemment le faire le plus rapidement possible, sans trop réfléchir… Attention ce n’est surtout pas un classement, c’est juste dix putains de bon disques que je love avec mon petit cœur qui bat au rythme de la musique qui est un cri qui vient de l’intérieur !

Montages

Belle and Sebastien – Tigermilk
Neil Young – After the Gold Rush
Jean Louis Murat – Mustango
Florent Marchet – Rio Baril
Saint Etienne – Good Humor
Arnaud Fleurent Didier – Portrait du Jeune Homme en Artiste
Michel Legrand – Les Demoiselles de Rochefort
Super Furry Animals – Phantom Power
Lightspeed Champion – Falling Off The Lavender Bridge
Erik Arnaud – L’Armure

Quelques remarques :
1. Je pourrais faire une seconde liste qui serait la liste de 10 albums que j’ai honteusement oublié dans la liste des 10 albums que j’ai du le plus embarquer, ou dont je pense ne pas me lasser, dans mon baladeur numérique… et ainsi de suite, mais les oublis font partie du jeu et du plaisir, et permettent de recevoir quelques commentaires bien sentis :

« Ho la honte tu n’as pas mis Beach Boy » D.B.
« T’as vraiment des gouts de merde pas un disque de Hip-Hop » D.G.
« Que tu es Mainstream et pro-chanson française cela en est dégoutant » A.P.

2. Aucun de ses disques n’est postérieur à 2010… Je ne suis plus de mon époque musicalement parlant, je crois. J’avoue qu’il n’y a plus grand chose dans les nouveautés qui me bouleversent, me surprennent. Il y a quelques disques que j’aime bien, même beaucoup, mais ce n’est plus pareil, comme dirait Holden, en général les nouveautés et des buzz me font soupirer, voir simplement chier ou au mieux me tire un lapidaire « Mouais, c’est pas mal ».
Tout est pas mal, rien n’est génial.
Je sais, je deviens un vieux con et je vous emmerde, comme dirait Katerine.

3. Avec les nouvelles habitudes et les nouveaux moyens de « consommer » la musique (argh que c’est laid) je ne suis pas certain que la notion album est encore vraiment du sens, c’est dommage tant certains disques s’écoutent comme une œuvre à part entiere avec une début, un milieu et une fin et pas comme une succession de singles (enfin 4 singles + 6 chansons de remplissage). Je pense faire partie de la dernière génération de gens pour qui l’album avec sa pochette, son graphisme, ses notes de pochette… est important. Peut être que le retour du vinyle va changer la donne, mais je n’y crois pas vraiment. Ce retour est une petite vague pour des hipsters qui aiment à proclamer « Non mais tu vois quand t’aimes vraiment la musique, tu vois, tu ne peux que l’écouter sur vinyle, là tu vois la différence tu vois ! », je vois grave je suis comme ça aussi…

4. Putain j’ai oublié François de Roubaix !

5. Bordel j’ai oublié…. Argh !

*Il y avait aussi un petit jeu aussi qui était assez amusant à base de Morceaux aléatoires.

_________________________________________
Bonus : Il n’y a pas que moi qui aime faire des listes de disques : Death Before Silence: Ed Harcourt’s Favourite Albums

Sans pitié pour le cheval.

Le 27 sept 2011 — par sy!
dans J'ai Tout Lu

Croisé dans les couloirs du métro
un homme debout sur sa terre
au loin ses vaches
son bleu de travail est vert
il est d’un autre temps
parait-il
à sa droite, un flashcode
comme pour accentuer  encore
le décalage, la distance
Je ne connais personne
je n’ai jamais vu quiconque utiliser un flashcode
mais c’est moderne*, c’est la mode
pour quelques early adopters
pour quelques happy few
Il faut vendre la ville
Il faut vendre la publicité

____________
*Quand ma grand mère, qui était paysanne, disait « c’est moderne » ou la variante « comme on fait maintenant » ça voulait dire souvent « c’était à la mode dans les années 70… »

Quel est ce deuil…

Le 08 jan 2011 — par sy!
dans A Complete Waste Of Time

8 janvier 1996, j’ai vingt ans.
Je suis objecteur de conscience, dans l’ancienne salle de classe qui me sert de bureau, un petit poste de radio est branché en permanence sur France Inter (déjà), lors d’un flash info j’entends A 79 ans, François Mitterrand est mort, cette phrase me plonge instantanément dans un abysse de tristesse, sans que je ne sache vraiment pourquoi.
A vingt ans, je n’ai connu que Mitterrand comme président de la république, en cours d’Education Civique on parlait de lui, de comment il était élu, c’est sous ses mandats que je me suis éveillé à la chose politique, bien aidé par le traité de Maastricht & la cohabitation avec Balladur…
Je me souviens des réveillons du nouvel an au fin fond de la Bourgogne, où à vingt heures tout les adultes se figeaient en silence un verre de champagne à la main pour l’écouter parler, moi je ne comprenais pas grand chose, jusque que je devais me taire et écouter.
Je me souviens de mes parents qui m’ont raconté que le 10 mai 1981, après sa victoire ils ont ouvert le champagne pensant que les lendemains désormais aller chanter, puis comment de jour en jour est venue la désillusion, la résignation…
Voilà sans doute pourquoi j’étais si triste ce 8 janvier 1996, mon enfance se refermait pour de bon et avec elle disparaissait l’espoir d’un monde meilleur.

Bonus


Le coup de Jarnac Jean-Louis Murat (1998)

Quel est ce deuil sur nos âmes
Un mammifère sur le chemin
Un impromptu immémorable
Dans l’antichambre du destin

Dans le pays quelle chamade
Pour la mort d’un florentin
Quel est ce deuil sur nos âmes
Quel est ce deuil qui nous tient

Charmé par le souci de l’âme
Comme Osiris, chacun vient
Toucher l’éventail de flammes
La truffe du labrador câlin

C’est à Nation, la communarde
Qui pleure à la fin du roman
Heure où chacun est de passage
Où se dénoue le grand tourment

Voilà le vertige peu banal
Du lièvre qui va à pas lents
Comme une idée où je voyage
Entre délices étincelants

Ce soir, un peuple, seul à la table
Éprouve un désir très chrétien
Pour l’idée vierge, la clocharde
Que tu connais, que tu connais enfin
Quel est ce deuil sur nos âmes
Est-ce bien le deuil auquel tu tiens ?

L’examen de minuit.

Le 09 avr 2010 — par sy!
dans J'ai Tout Vu

Paris, Le Bataclan Boulevard Voltaire, XIe.

Tellement pris par la magie de l’instant que je n’ai même pas pensé prendre une photo durant le concert.

Esotérique – Egotérique — 31

Le 12 jan 2007 — par sy!
dans Esotérique - Egotérique

Blind.
J’écris des mails auxquels on ne répond pas
je ne réponds pas à ceux que l’on m’envoie
je m’enrubanne pour rien, je meurs de chaud
je meurs de froid, tout est tiède et sans vie
je ne sais plus me lever sans trébucher
je m’éprends pour la quinzième fois
me méprends constamment
sans mettre le temps à profit
je feins l’indifférence pour ne pas voir l’insensibilité
je fuis à toutes jambes
j’accélère dans les impasses
je ne regarde plus derrière
j’ai rencontré tant de gens
oublié autant
tout se délabre
l’eau fuit toujours un peu plus
le papier peins se fait la malle
on me menace
on me prévient
sans que je n’y comprenne rien
Ce commandement reproduit effet
qu’un mois après un commandement demeuré infructueux.
Ce commandement reproduit, à peine de nullité
des dispositions du présent paragraphe.

Plus rien ne bouge, plus de vent
plus de mouvement plus personne
pour taper les ampoules
même les oiseaux ont tourné le dos
les cheveux dans les yeux, je ne vois plus rien.
je ne vois qu’une chose, je ne vois que l’invisible
je n’entends plus que le La
(…)

[Making Off]
La phrase suivante aurait dû être « Je sors et je m’ennuie, je traine et je m’ennuie », j’étais assez fier de ma formule, je me disais ça sonne bien et pour cause, « ça a déjà eu lieu », certains chanteurs sont pénibles à écrire ce que l’on voudrait dire avec vingt trois ans d’avance. Du coup ça m’a coupé les doigts, plus rien n’est venu après ça.

Je vis dans un mois de juillet
sous-titré pathétique
où des héroïnes en anglais
me rendent romantique
je sors en chialant des cinés
puis je cours Rue Montlosier
donner mon sang pour l’Afrique

Je vis une journée d’ennui
je te cherche et je m’ennuie
je vis une journée d’ennui
je traîne et je m’ennuie

Quand les écrans sont vidés
de tout poil de toute griffe
l’éléphant blanc est déchaîné
mon bouton doré l’excite
je sors en hurlant des cinés
puis je cours Rue Montlosier
donner mon sang pour l’Afrique

Je vis une journée d’ennui
je traîne et je m’ennuie
je vis une journée d’ennui
je te cherche et je m’ennuie
je vis une journée d’ennui

Je traîne et je m’ennuieJLM (1984)