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Peter Pan.

Le 10 nov 2013 — par sy!
dans Une Histoire

J’ai bientôt quarante ans, je suis indépendant financièrement, j’ai un appartement, un travail, un ordinateur, un smartphone, les Internets, des amis, je vis à Paris. Donc dans l’ensemble je n’ai pas vraiment de raison de me plaindre, ça pourrait être pire, ça pourrait être mieux. Surtout en ce qui concerne mon orthographe, ma conjugaison, mes amours et une toute une liste non exhaustive mais en fait ça va.
Et pourtant, par la magie du téléphone, alors que j’appelais simplement pour demander justement ‘Ça va ?’, et dire ‘Ici… Ça va, rien de nouveau, donc ça va’, je me suis fait disputer fort, même très très fort par une petite voix, à trois cent soixante-cinq kilomètres de moi, parce que je tousse et que je ne vais pas voir le docteur et que ce n’est pas bien, en plus ce n’est pas une question d’argent parce que d’une part j’en ai et que d’autre part il y a la sécu donc ça ne coûte rien et donc quoi qu’il en soit ce ne sont pas des excuses, il n’y a pas d’excuses, et le manque de temps à bon dos, à d’autres, pas à moi. Alors non ça ne va pas, alors ce n’est pas bien, alors tu m’écoutes, alors ce n’est pas raisonnable.
« Tu n’es pas raisonnable »
Et soudain j’ai quinze ans, pas d’argent, demain à huit heure j’ai maths, les téléphones sans fil sont de la science-fiction, je veux retourner dans ma chambre en caressant le chien, claquer la porte puis écouter de la musique fort au casque, penser à la fille à qui je n’ose pas parler, aux copains avec qui on va faire des conneries, heu pardon des bêtises, mais rien de grave promis…

J’ai bientôt quarante ans et heureusement j’ai encore une Maman.
J’ai une Maman et heureusement j’aurai toujours quinze ans.

PS : J’ai bien pensé lui dire que je voyais non pas un, mais le Docteur, le vingt-trois novembre — #savetheday — mais j’étais tellement morveux que je n’ai pas osé.

Dipterocarpaceae.

Le 01 nov 2013 — par sy!
dans Une Histoire

Hier soir le voisin du dessus, du deuxième donc a mis la musique très, trop fort, ce n’était pas vraiment la nuit c’était quatre heures du matin. Avant je dormais calmement mais me voilà réveillé et impossible de me rendormir avec ce boum boum tchak tchak boum boum. Je ne pouvais pas rester sans rien faire, mais que faire ?
Je suis donc monté au troisième, j’ai sonné à la porte une dizaine de fois, j’ai pris mes jambes à mon cou et me suis planqué dans les escaliers. Mon but était qu’une fois réveillé, mon voisin du troisième descende dire au voisin du deuxième de faire moins de bruit afin qu’il puisse dormir, et moi aussi mais qu’ils n’en sachent rien.
Je suis redescendu me coucher, heureux de m’être débarrasser du problème, je laisse le voisin du troisième gérer ça, je me suis rendormi malgré le tchak tchak boum boum tchak tchak.
Maintenant que j’y pense, je crois que personne n’habite au troisième.

Bonus

D’ailleurs je ne sais pas si mon voisin du deuxième n’est pas une voisine, je m’arrange toujours pour éviter de croiser qui que ce soit dans les escaliers, l’ascenseur, le hall, la cave, le local poubelle…
Alors dans le doute deux chansons, une pour ma voisine, une pour mon voisin…


alo oui cer

Le 08 fév 2013 — par sy!
dans Une Histoire

Entendu dans le métro :

(elle) Allô oui… je suis dans le métro là… si ça coupe que je te rappelle quand je sors…

(elle) Oui allô, t’as là, non parce que je suis dans le métro ça va couper

(elle) ha là Je t’entends pas

(elle) ALLÔ ALLÔ JE T’ENTENDS PAS… ha si… ha non, je sui-i dans le mé-troo !!

(elle) je t’entends pas ! JE T’ENTENDS PAS !
(une dame devant elle) Mais nous si, on vous entend très bien…

Auto-école

Le 22 oct 2012 — par sy!
dans Une Histoire

Il y a longtemps déjà
mais pas tant que ça
quand j’ai appris à conduire…
mon moniteur me disait :

« imagine un champ avec au milieu un arbre…
si tu regardes l’arbre tu finira écrasé dessus…
regarde toujours là où tu veux aller
et ne fixe jamais ce que tu veux éviter. »

Fuite de mémoire.

Le 18 août 2012 — par sy!
dans Une Histoire

J’ai trouvé une clé usb dans la rue.
Elle est assez jolie toute blanche, même si elle ne fait que 4Go. C’est pas beaucoup mais c’est déjà pas mal.
En la ramassant, j’ai imaginé tout ce que j’allais trouver dessus, des photos de vacances, des sextapes, des documents super secrets, qui mettraient au jour le plus grand scandale de l’état et qui feraient tomber le gouvernement, ou des preuves de comment la société ***** à financer le terrorisme et a été impliqué dans le meutre, la corruption et le chantage de cadres de sociétés concurrantes
Je me voyais déjà en un ‘French Julian Assange’.
Je m’interrogeais pour savoir dans quelle ambassade j’allais me réfugier quand ma vie serait en danger, j’imaginais déjà les slogans qui appelaient à ma libération « Pas de barreaux pour Barraux !« …
Une fois chez moi c’est en tremblant que j’ai introduit la clé dans la prise, allais-je avoir le courage, serais-je à la hauteur de la mission ?
Je sentais mon coeur battre plus fort, plus vite, mes tempes tapaient, ne pas mollir, ne pas tressaillir, la liberté d’expression, la vérité avaient besoin de moi…
J’ai eu l’impression que mon Pc n’a jamais été aussi long pour trouver ce nouveau périphérique. Finalement la fenêtre est apparu, et j’ai cliqué sur « Explorer les fichiers », et là…
Elle était vide, aucun fichier, rien, vierge, cent pour cent d’espace disponible…
J’ai été extrêmement déçu, mais j’ai refusé de m’avouer vaincu.
J’ai créé un fichier nommé «confidentiel a ne pas divulguer.doc», j’ai tapé quelques secrets me concernant, des choses que je n’ai jamais dit à personne, où que seules une ou deux personnes savent de moi. Je l’ai enregistré sur la clé.
Je l’ai débranché, je suis sorti, la clé dans la main, j’ai marché, j’ai pris la rue de Crimée, j’ai pris la rue de Tanger, j’ai marché, j’ai pris la rue du Maroc…
A un moment quand je ne savais plus dans quelle rue j’étais, quand je ne connaissais plus les noms, quand j’étais assez loin de chez moi, je me suis arrêté, j’ai regardé autour de moi, pour m’assurer qu’il n’y avait personne, je l’ai déposé par terre doucement, j’ai continué mon chemin sans me retourner, puis j’ai imaginé et me suis réjouis que demain ou dans cinq minutes quelqu’un dirait « J’ai trouvé une clé usb dans la rue. Elle est assez jolie toute blanche, même si elle ne fait que 4Go… »

Un samedi comme un autre.

Le 07 juil 2012 — par sy!
dans Une Histoire

Aujourd’hui nous sommes samedi.
je n’avais pas encore articulé un mot, prononcé une parole,
après le café, après la douche,
je n’avais pas encore vu un autre, croisé quelqu’un,
après l’averse, après les vêtements,
je suis sorti, je suis allé au Monoprix,
j’ai dépensé de l’argent en bien de consommation et surtout en nourriture,
pour la semaine qui vient, pour la maison, pour mon hygiène,
je suis passé la boulangerie, enfin chez mon artisan boulanger
j’ai prononcé quelques mots
‘bonjour, merci, bonne fin de journée’
je suis retourné chez moi
dans le hall j’ai relevé mon courrier,
le journal et un avis de passage pour un recommandé
je n’ai pas vu de voisins, l’immeuble semble abandonné,
chez moi,
une fois les nouvelles choses rangées à leur nouvelle place,
le frigo maintenant au frais mes futurs aliments
je me suis assis et j’ai constaté que je n’étais pas pas plus heureux que ce matin,
alors j’ai pensé que je n’avais pas dû acheter de produit de grande marque.

Deux choses

Le 12 jan 2012 — par sy!
dans Une Histoire

1.

Un ami a récemment effectué un voyage au Caucase, il en a tiré un petit film mi-arty mi-carte postale, petit voyage sans bouger de son canapé :

2.

Ce soir j’ai aidé un ami (un autre que celui ci-dessus) à monter des meubles sous forme de cartons, qu’il a rapporté de chez ikea, de la rue au quatrième étage (sans ascenseur), et je me suis souvenu que la dernière fois où j’avais fait ça c’était pour l’ami ci-dessus (oui celui qui a fait un film mi-arty mi-carte postale, suivez un peu que diable).
En rentrant chez moi j’ai eu la surprise et la joie de découvrir la carte postale ci-dessous de l’ami ci-dessus pour qui j’avais déménager des meubles en kit aussi parce que tout change etc…

ça a l’air compliqué comme ça mais dans ma tète c’est très simple…
D’autant qu’évidement entre temps j’ai bu du vin….

Dans ma maison sous terre. (O ma wé !)

Le 12 sept 2011 — par sy!
dans Une Histoire

Comme un enfant, jeux de mains, jeux de vilains.
Je suis un vilain.
Course poursuite aux Buttes Chaumont un soir d’été, pour exciter l’épiderme dans le but de déclencher le rire. (attention ce n’est pas de knismolagnie dont il s’agit, mais bien d’un jeu innocent, inoffensif et totalement licite à base de chatouilles, de fille, d’enfant & de moi même).
Normalement je ne risque rien j’ai un safeword, comme un totem d’immunité : ‘Lunettes !!!!’ (que pour une vieille raison je prononce ‘Nunettes’, ne me demandez pas pourquoi, je n’y peux rien), malheureusement cette fois, il n’a pas été suffisant et j’ai eu un accident… Et je n’ai plus de nunettes… Et je suis bien triste… Et j’avais bien besoin de ça… Et je sens que je vais me faire disputer par ma môman… Et que je vais être privé de désert (oui j’ai pas de télévision donc ça ne marche pas avec moi le ‘privé de télé!’)…

Elles étaient belles avant.
Comme on me l’a judicieusement (malicieusement ?) fait remarquer « De toutes façons tu voulais les changer non ? », oui mais bon quand même… Entre la prise de rendez vous chez l’ophtalmologiste (trois mois) et devoir choisir des montures chez l’opticien conseil (trois semaines) et attendre leur fabrication (deux semaines), je vais donc avoir mes lunettes pour Noel, si j’ajoute mes problèmes de Sécurité Sociale et de mutuelle (Ils m’ont perdu, tout est à refaire), je vais donc avoir des nouvelles lunettes pour mon anniversaire ! Et oui je suis comme ça j’aime me faire des cadeaux et m’y prendre bien en avance…
Alors j’ai remis mes anciennes dont les verres sont abîmés et font comme un filtre qui fait que je ne vois pas grand chose, mais mieux quand même que quand je ne les porte pas, c’était d’ailleurs amusant le retour sans lunettes, les rues totalement floues, les gens de simples silhouettes…
Je me suis souvenu de ‘J’ai tout vu‘, un truc que j’avais fait quand j’avais encore des idées.
Je me suis également souvenu d’un texte que j’avais écrit sur l’envie de vivre sans lunette, pour etre éternellement dans le flou, mais je ne l’ai pas retrouvé…
Voilà.
En résumé, j’ai cassé mes lunettes.

Bonus

Dans les yeux.

Peut-être que je dois porter des lunettes c’est parce que je suis myope et je ne peux pas mettre des lentilles de contact parce que j’ai peur de me toucher les yeux.
(cette phrase est totalement vrai et ça me fait peur)

La Rencontre des Amants (du Boulevard).

Le 06 août 2011 — par sy!
dans Une Histoire

Un soir, dans un bar près du canal de l’Ourcq. Alors que depuis peu la nuit est tombée sur Paris, Elle et Lui sont assis à une table.
Lui, la regardant et l’écoutant depuis des heures. Ne sachant que faire, que dire, souriant étrangement et bêtement aux anges. Alors, pour se donner une contenance, il joue avec son smartphone et commande verre sur verre.
Elle, épanouie ravie ruisselante (il a plu), parlant de tout et de rien, mais avec emphase et moultes gestes et rires éclatants.
Il est tard.
Les lumières faiblissent, les tables se vident.
Il ne sait toujours pas quoi faire, quoi dire, alors simplement il demande…

— Tu veux que je commande un dernier verre ?
— On a déjà pas mal bu, non ?
— Rho, non… si… tu crois ? Juste un dernier et je te raccompagne… ?
— Je crois que j’ai déjà trop bu, mais je veux bien en partager un avec toi. Juste un demi quoi…
— Un demi ?
— T’es bête ! Un seul verre de vin que l’on boit à deux, un demi verre de vin…

Il se lève, va commander au bar et revient avec un verre de St Pourçain.

— Vas-y je t’en prie. Bois ce que tu veux, je boirai le reste…
— Tu as peur de mes microbes ?
— Non, Je préfère lire tes pensées plutôt que tu ne lises les miennes…
— Oh… D’autant que moi, je sais très bien ce qu’il y a dans les tiennes…
— …

Elle prend le verre, boit une gorgée et lui tend.
Il le prend, le boit, d’un coup. Se lève, enfile sa veste, il lui attrape sa main et la regardant dans les yeux & il dit…

— Viens…

Slip ou caleçon.

Le 09 juil 2011 — par sy!
dans Une Histoire

Vu au Monoprix aujourd’hui, une mère et son ado de fils au rayon vêtements pour homme en train de choisir des sous-vêtements, pour lui.
Lui gêné dans son pantalon trop grand et tombant (qui d’ailleurs laissait voir un dessous gris mais visiblement c’était fait sciemment), baissant la tête, jetant de furtifs regards à droite à gauche, comme cherchant ou craignant plutôt de croiser un(e) de ses ami(e)s, trépignant, tapant des pieds, bredouillant du bout des lèvres de simples « moui.. ouais…« . Sa mère ne le regardait pas, les mains et la tête dans les rayonnages elle cherchait visiblement un ‘joli’ caleçon ou simplement la bonne taille, « Non mais regarde il est bien celui là ! C ‘est mieux que tes boxer là ! Et puis c’est plus confortable ! ». Et lui, avec une envie d’en finir qui se lisait sur son visage « Non mais oui, prends celui que tu veux... »

Alors j’ai pensé : il faudra que je remercie ma maman d’avoir toujours commandé mes sous-vêtements par correspondance.

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