Toute la categorie ‘Une Histoire’

alo oui cer

Le 08 fév 2013 — par sy!
dans Une Histoire

Entendu dans le métro :

(elle) Allô oui… je suis dans le métro là… si ça coupe que je te rappelle quand je sors…

(elle) Oui allô, t’as là, non parce que je suis dans le métro ça va coupé

(elle) ha là Je t’entends pas

(elle) ALLÔ ALLÔ JE T’ENTENDS PAS… ha si… à non

(elle) je t’entends pas ! JE T’ENTENDS PAS !
(une dame devant elle) mais nous si on vous entend très bien…

Auto-école

Le 22 oct 2012 — par sy!
dans Une Histoire

Il y a longtemps déjà
mais pas tant que ça
quand j’ai appris à conduire…
mon moniteur me disait :

« imagine un champ avec au milieu un arbre…
si tu regardes l’arbre tu finira écrasé dessus…
regarde toujours là où tu veux aller
et ne fixe jamais ce que tu veux éviter. »

Fuite de mémoire.

Le 18 août 2012 — par sy!
dans Une Histoire

J’ai trouvé une clé usb dans la rue.
Elle est assez jolie toute blanche, même si elle ne fait que 4Go. C’est pas beaucoup mais c’est déjà pas mal.
En la ramassant, j’ai imaginé tout ce que j’allais trouver dessus, des photos de vacances, des sextapes, des documents super secrets, qui mettraient au jour le plus grand scandale de l’état et qui feraient tomber le gouvernement, ou des preuves de comment la société ***** à financer le terrorisme et a été impliqué dans le meutre, la corruption et le chantage de cadres de sociétés concurrantes
Je me voyais déjà en un ‘French Julian Assange’.
Je m’interrogeais pour savoir dans quelle ambassade j’allais me réfugier quand ma vie serait en danger, j’imaginais déjà les slogans qui appelaient à ma libération « Pas de barreaux pour Barraux !« …
Une fois chez moi c’est en tremblant que j’ai introduit la clé dans la prise, allais-je avoir le courage, serais-je à la hauteur de la mission ?
Je sentais mon coeur battre plus fort, plus vite, mes tempes tapaient, ne pas mollir, ne pas tressaillir, la liberté d’expression, la vérité avaient besoin de moi…
J’ai eu l’impression que mon Pc n’a jamais été aussi long pour trouver ce nouveau périphérique. Finalement la fenêtre est apparu, et j’ai cliqué sur « Explorer les fichiers », et là…
Elle était vide, aucun fichier, rien, vierge, cent pour cent d’espace disponible…
J’ai été extrêmement déçu, mais j’ai refusé de m’avouer vaincu.
J’ai créé un fichier nommé «confidentiel a ne pas divulguer.doc», j’ai tapé quelques secrets me concernant, des choses que je n’ai jamais dit à personne, où que seules une ou deux personnes savent de moi. Je l’ai enregistré sur la clé.
Je l’ai débranché, je suis sorti, la clé dans la main, j’ai marché, j’ai pris la rue de Crimée, j’ai pris la rue de Tanger, j’ai marché, j’ai pris la rue du Maroc…
A un moment quand je ne savais plus dans quelle rue j’étais, quand je ne connaissais plus les noms, quand j’étais assez loin de chez moi, je me suis arrêté, j’ai regardé autour de moi, pour m’assurer qu’il n’y avait personne, je l’ai déposé par terre doucement, j’ai continué mon chemin sans me retourner, puis j’ai imaginé et me suis réjouis que demain ou dans cinq minutes quelqu’un dirait « J’ai trouvé une clé usb dans la rue. Elle est assez jolie toute blanche, même si elle ne fait que 4Go… »

Un samedi comme un autre.

Le 07 juil 2012 — par sy!
dans Une Histoire

Aujourd’hui nous sommes samedi.
je n’avais pas encore articulé un mot, prononcé une parole,
après le café, après la douche,
je n’avais pas encore vu un autre, croisé quelqu’un,
après l’averse, après les vêtements,
je suis sorti, je suis allé au Monoprix,
j’ai dépensé de l’argent en bien de consommation et surtout en nourriture,
pour la semaine qui vient, pour la maison, pour mon hygiène,
je suis passé la boulangerie, enfin chez mon artisan boulanger
j’ai prononcé quelques mots
‘bonjour, merci, bonne fin de journée’
je suis retourné chez moi
dans le hall j’ai relevé mon courrier,
le journal et un avis de passage pour un recommandé
je n’ai pas vu de voisins, l’immeuble semble abandonné,
chez moi,
une fois les nouvelles choses rangées à leur nouvelle place,
le frigo maintenant au frais mes futurs aliments
je me suis assis et j’ai constaté que je n’étais pas pas plus heureux que ce matin,
alors j’ai pensé que je n’avais pas dû acheter de produit de grande marque.

Deux choses

Le 12 jan 2012 — par sy!
dans Une Histoire

1.

Un ami a récemment effectué un voyage au Caucase, il en a tiré un petit film mi-arty mi-carte postale, petit voyage sans bouger de son canapé :

2.

Ce soir j’ai aidé un ami (un autre que celui ci-dessus) à monter des meubles sous forme de cartons, qu’il a rapporté de chez ikea, de la rue au quatrième étage (sans ascenseur), et je me suis souvenu que la dernière fois où j’avais fait ça c’était pour l’ami ci-dessus (oui celui qui a fait un film mi-arty mi-carte postale, suivez un peu que diable).
En rentrant chez moi j’ai eu la surprise et la joie de découvrir la carte postale ci-dessous de l’ami ci-dessus pour qui j’avais déménager des meubles en kit aussi parce que tout change etc…

ça a l’air compliqué comme ça mais dans ma tète c’est très simple…
D’autant qu’évidement entre temps j’ai bu du vin….

Dans ma maison sous terre. (O ma wé !)

Le 12 sept 2011 — par sy!
dans Une Histoire

Comme un enfant, jeux de mains, jeux de vilains.
Je suis un vilain.
Course poursuite aux Buttes Chaumont un soir d’été, pour exciter l’épiderme dans le but de déclencher le rire. (attention ce n’est pas de knismolagnie dont il s’agit, mais bien d’un jeu innocent, inoffensif et totalement licite à base de chatouilles, de fille, d’enfant & de moi même).
Normalement je ne risque rien j’ai un safeword, comme un totem d’immunité : ‘Lunettes !!!!’ (que pour une vieille raison je prononce ‘Nunettes’, ne me demandez pas pourquoi, je n’y peux rien), malheureusement cette fois, il n’a pas été suffisant et j’ai eu un accident… Et je n’ai plus de nunettes… Et je suis bien triste… Et j’avais bien besoin de ça… Et je sens que je vais me faire disputer par ma môman… Et que je vais être privé de désert (oui j’ai pas de télévision donc ça ne marche pas avec moi le ‘privé de télé!’)…

Elles étaient belles avant.
Comme on me l’a judicieusement (malicieusement ?) fait remarquer « De toutes façons tu voulais les changer non ? », oui mais bon quand même… Entre la prise de rendez vous chez l’ophtalmologiste (trois mois) et devoir choisir des montures chez l’opticien conseil (trois semaines) et attendre leur fabrication (deux semaines), je vais donc avoir mes lunettes pour Noel, si j’ajoute mes problèmes de Sécurité Sociale et de mutuelle (Ils m’ont perdu, tout est à refaire), je vais donc avoir des nouvelles lunettes pour mon anniversaire ! Et oui je suis comme ça j’aime me faire des cadeaux et m’y prendre bien en avance…
Alors j’ai remis mes anciennes dont les verres sont abîmés et font comme un filtre qui fait que je ne vois pas grand chose, mais mieux quand même que quand je ne les porte pas, c’était d’ailleurs amusant le retour sans lunettes, les rues totalement floues, les gens de simples silhouettes…
Je me suis souvenu de ‘J’ai tout vu‘, un truc que j’avais fait quand j’avais encore des idées.
Je me suis également souvenu d’un texte que j’avais écrit sur l’envie de vivre sans lunette, pour etre éternellement dans le flou, mais je ne l’ai pas retrouvé…
Voilà.
En résumé, j’ai cassé mes lunettes.

Bonus

Dans les yeux.

Peut-être que je dois porter des lunettes c’est parce que je suis myope et je ne peux pas mettre des lentilles de contact parce que j’ai peur de me toucher les yeux.
(cette phrase est totalement vrai et ça me fait peur)

La Rencontre des Amants (du Boulevard).

Le 06 août 2011 — par sy!
dans Une Histoire

Un soir, dans un bar près du canal de l’Ourcq. Alors que depuis peu la nuit est tombée sur Paris, Elle et Lui sont assis à une table.
Lui, la regardant et l’écoutant depuis des heures. Ne sachant que faire, que dire, souriant étrangement et bêtement aux anges. Alors, pour se donner une contenance, il joue avec son smartphone et commande verre sur verre.
Elle, épanouie ravie ruisselante (il a plu), parlant de tout et de rien, mais avec emphase et moultes gestes et rires éclatants.
Il est tard.
Les lumières faiblissent, les tables se vident.
Il ne sait toujours pas quoi faire, quoi dire, alors simplement il demande…

— Tu veux que je commande un dernier verre ?
— On a déjà pas mal bu, non ?
— Rho, non… si… tu crois ? Juste un dernier et je te raccompagne… ?
— Je crois que j’ai déjà trop bu, mais je veux bien en partager un avec toi. Juste un demi quoi…
— Un demi ?
— T’es bête ! Un seul verre de vin que l’on boit à deux, un demi verre de vin…

Il se lève, va commander au bar et revient avec un verre de St Pourçain.

— Vas-y je t’en prie. Bois ce que tu veux, je boirai le reste…
— Tu as peur de mes microbes ?
— Non, Je préfère lire tes pensées plutôt que tu ne lises les miennes…
— Oh… D’autant que moi, je sais très bien ce qu’il y a dans les tiennes…
— …

Elle prend le verre, boit une gorgée et lui tend.
Il le prend, le boit, d’un coup. Se lève, enfile sa veste, il lui attrape sa main et la regardant dans les yeux & il dit…

— Viens…

Slip ou caleçon.

Le 09 juil 2011 — par sy!
dans Une Histoire

Vu au Monoprix aujourd’hui, une mère et son ado de fils au rayon vêtements pour homme en train de choisir des sous-vêtements, pour lui.
Lui gêné dans son pantalon trop grand et tombant (qui d’ailleurs laissait voir un dessous gris mais visiblement c’était fait sciemment), baissant la tête, jetant de furtifs regards à droite à gauche, comme cherchant ou craignant plutôt de croiser un(e) de ses ami(e)s, trépignant, tapant des pieds, bredouillant du bout des lèvres de simples « moui.. ouais…« . Sa mère ne le regardait pas, les mains et la tête dans les rayonnages elle cherchait visiblement un ‘joli’ caleçon ou simplement la bonne taille, « Non mais regarde il est bien celui là ! C ‘est mieux que tes boxer là ! Et puis c’est plus confortable ! ». Et lui, avec une envie d’en finir qui se lisait sur son visage « Non mais oui, prends celui que tu veux... »

Alors j’ai pensé : il faudra que je remercie ma maman d’avoir toujours commandé mes sous-vêtements par correspondance.

Further down the spiral.

Le 24 mai 2011 — par sy!
dans Une Histoire

L’autre jour dans le métro — Oui ici toutes les histoires commencent comme ça, parce que dans le métro on s’ennuie et on regarde ce qui se passe autour. Il y a un équivalent c’est ‘faire la queue à la caisse du supermarché’, ces moments de pur ennui, heureusement dans les supermarchés ils ont mis des bonbons aux caisses pour que l’on soit tenté jusqu’à la dernière minute, heureusement ils ont mis du réseau dans les tunnels pour que l’on puisse être productif jusqu’à la derniere minute. Peu importe qui ‘ils’ sont, ‘ils’ sont forts —.
L’autre jour dans le métro, un jeune homme, tellement jeune qu’il doit être encore un adolescent, est monté à la station Rome. Cheveux assez longs, basquettes , jeans informe & t-shirt, c’est ce dernier qui a attiré mon attention. Un très beau t-shirt noir, visiblement neuf ou en tout cas pas très vieux, de l’album The Downward Spiral de Nine Inch Nails (voir illustration ci-contre comme on dit), j’en ai été presque jaloux.
Cet album est sorti il y a dix sept ans. Je sais même moi je n’y croyais pas, j’ai vérifié et d’après la calculatrice incluse dans Windows : 2011-1994=17. Il y a dix sept ans, j’avais dix neuf ans, je passais mon bac dans une petite ville du Jura et j’écoutais en boucle The Downward Spiral de Nine Inch Nails à cause d’Eric, le frère plus âgé d’Olivier, un camarade de classe. Cet album m’a accompagné depuis, je me souviens avoir écumé les disquaires pour trouvé les Ep qui accompagnaient l’album, je me souviens de soir de colère avoir mis à fond « March of the Pigs », je me souviens de « Hurt », je me souviens même de 2002 où Johnny Cash reprenait cette chanson, je me souviens même de 2005 où je mettais cette chanson sur une compilation ‘home made’ un inutile été
L’autre jour dans le métro, un jeune homme, tellement jeune qu’il ne devait pas être né en mille neuf cent quatre-vingt-quatorze, est monté à la station Rome. En voyant son t-shirt, je me suis senti d’un autre temps. Puis j’ai pensé à mon t-shirt des Stones, celui avec le fameux logo rouge, il a été utilisée la première fois sur l’album Sticky Fingers, en 1971. Je n’étais pas né.
Demain dans le métro, en arborant fièrement une bouche sur mon t-shirt, je rappelais ses dix neuf ans à un homme de cinquante neuf ans.

 

De La Poudre d’Antimoine Aux Yeux

Le 06 jan 2011 — par sy!
dans Une Histoire

Dans le métro depuis deux stations, une jeune fille se maquille, rouge à lèvres… Mascara… Puis elle sort de son sac une pince à épiler, un petit miroir et commence à s’éclaircir les sourcils…
Un homme, d’une petite quarante d’année qui nous avait gratifié d’un « bonjour excusez-moi, j’ai pas l’habitude de faire ça mais à la rue depuis trois semaines je sollicite votre attention afin que vous m’aidiez grâce à quelques euros et des tickets restaurant etc. » (air connu), attend que la rame se renouvelle en voyageur afin sans doute de recommencer son petit speech pour de nouveaux voyageurs.
Il attend en observant la jeune fille.
Elle, imperturbable ne se rend compte de rien et s’éclairci les sourcils comme on s’épouille.
Il est debout, on le sent trépigné, impatient.
Elle est assise, elle se pincete, s’épile.
Soudain il se penche vers elle et lui demande assez fort :

« Excusez-moi mademoiselle ! Mais quand vous faites ça, ça ne vous fait pas mal ?

Tout les regards se portent vers elle, autour d’elle une demi douzaine d’hommes attendent sa réponse, comme s’ils avaient toujours eu envie de savoir mais qu’ils n’avaient jamais osé demandé…
Elle ne dit rien, rapproche un peu le miroir de son visage comme pour se cacher, se protéger.
Silence.
Chacun se tourne et se penche sur son livre, ses doigts, son smartphone…

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