Il y a quelques années, en 2005 dans le froid de février (oui j’en parlais déjà ici : WIK -1, c’est pour ça que je me souviens de la date avec précision), avec mon camarade Jérôme nous avions fait des chansons, pourquoi ? Aucune idée, pour rien, pour le plaisir, pour tromper l’ennui, parce que parfois il faut bien faire quelque chose.
Notre « groupe » s’appelait Et Alors, parce que nous chantions faux, nous jouions moyen, avec pleins de fausses notes « Et Alors ? on s’en fout (Wou wou wou wou wou…) ». Le concept était on ne peut plus simple : un journée + une bouteille de Pont (sauf une fois je crois que c’était du whisky) = une chanson. C’est donc très spontané, pas très travaillé, plein de défaut, et alors ?
Il était temps plus de sept ans plus tard de présenter ces chansons au monde entier qui n’attendait que ça, des chansons qui déjà à l’époque n’ont pas rencontré leur public, nos amis à qui nous les avions fait écouter étaient pour le mieux septique… A part peut être pour L’Homme En Noir qu’au moins deux personnes aimaient bien…
Entendu cette semaine sur un podcast du Mouv’ Dominique A reprenant une nouvelle fois Teenage Kicks des Undertones, avec toujours la même énergie.
Il y a longtemps, j’ai aimé cette chanson à la premiere écoute, & je l’aime toujours alors que je ne suis plus vraiment concerné. Je suis loin des émois de l’adolescence, je suis un grand, je suis un adulte parait-il même, je suis réfléchis, je suis mûr et bientôt blet sans doute, mais comment se faire une raison et refuser de ‘Get teenage kicks right through the night‘.
Malgré l’age qui avance invariablement, les émotions restent intacts, toujours les mêmes, le même boum-boum dans la poitrine qui rend sourd au reste du monde.
Alors tournons le dos à ce que nous devrions être, portons des masques comme autant d’anonymes pour faire bonne figure puisque tout est question d’image et laissons aller aux sentiments…
Grâce à Florent Marchet je suis totalement dans l’esprit de Noel, paix sur terre aux hommes de bonne volonté, mille traquas pour les autres. Pour que vous compreniez bien, sachez que Florent Marchet vient de sortir un album de Noël comme normalement seul les anglosaxons (et surtout Saint Etienne) savent en faire. Le disque est simplement formidable, pop pas ‘culcul’ pour deux sous, mais dans sa liste de chansons au Père Noel, (qui va de ‘La marche des rois’ à ‘Joyeux Noel’ de Barbara) il a oublié Noel Blanc, c’est dommage…
Heureusement il y a quelques années Philippe Katerine nous gratifiait d’une belle reprise :
Philippe Katerine – Noel Blanc
Live au Fou du Roi (France Inter – 2007)
Bonus : Vous pouvez d’ailleurs découvrir de larges extraits du formidable concert du quinze décembre (date du vrai Noel) au café de la danse de Florent Marchet sur Youtube (mille mercis à Marc pour avoir capté ces moments magiques et forcément féeriques)
Le t-shirt du jour
La Positive Attitude
« i said captain he said what »
Comme Emile,
Comme Etienne inspiré par Sarah (mais comment ne pas être inspiré par Sarah),
tout est possible
tout est réel
la vie est belle
je crois au futur
dès que tu aura dit le mot…
Tuxedomoon – In A Manner Of Speaking
Holy Wars (1985)
Rentrer en longeant le canal
slalomer entre les pique-niqueurs, les promeneurs ou les gens qui rentrent chez eux
le regard dans le vide
les mains dans les poches jouant avec les clés et quelques pièces de monnaie.
sortir une pièce, la faire passer entre ses doigts comme un apprenti magicien
la regarder apparaitre, disparaitre et réapparaitre
elle est là, elle n’y est plus
où est-elle ?
Lever la tête
regarder le canal qui va si loin là-bas…
s’arrêter.
se dire : et si je faisais un vœu
que souhaiter ? Le travail, l’argent ?
non, souhaiter quelque chose de plus sérieux…
prendre un peu son temps
réfléchir
sourire
prendre un pas de recul
prendre un peu d’élan
et lancer la pièce le plus loin possible avec tout ce qu’il reste de forces
la suivre du regard
la voir se jeter dans l’eau
et se répéter pour soi même
le vœu
la prière Je veux toujours l’amour, je veux l’amour toujours
Je veux toujours l’amour, l’amour toujours
Stephan Eicher – Les Filles Du Limmatquai
Les Chansons Bleues (1983 – Restaurées 2003)
Je pourrais raconter comment en seconde à l’internat dans une petite ville de province, en haut d’un lit superposé un ami m’a fait découvrir Lenoir.
Je pourrais raconter comment ensuite mon walkman m’accompagnait dés 21 heures.
Je pourrais faire la liste des groupes, chansons que j’ai découvert grâce à Lui.
Je pourrais raconter comment je demandais aux gens ‘Tu connais Lenoir’ et suivant la réponse ils devenaient des amis ou restaient des connaissances.
Je pourrais raconter les cafés du samedi après midi, où quasi invariablement la phrase ‘t’as entendu ________ chez Lenoir ?’ était prononcée.
Je pourrais raconter les week-end du 15 Aout où je prennais des nouvelles de Saint Malo et de tout ce que je ratais.
Je pourrais raconter l’attente fébrile de la diffusion d’un titre du nouveau Murat.
Je pourrais raconter comment je n’ai pas pu aller voir Elysian Fields à la maison de la radio.
Je pourrais raconter comment déjà en 2006 je m’inquietais.
Je pourrais raconter comment je m’inscrivais aux Black Session pour que mes amis parisiens puissent y aller.
Je pourrais raconter les cassettes où j’enregistrais les concerts pour les mettre en Mp3 ensuite.
Je pourrais raconter la route en écoutant l’émission, comment je prenais un détour pour écouter encore cinq minutes.
Je pourrais raconter encore mille choses.
Mais je n’arriverais jamais à raconter l’étrange pincement au coeur depuis deux jours, la tristesse se mêlant à la gratitude, je cherche mes mots mais rien ne vient.
Le soir, le deuil se porte en Lenoir.
Bonus
Petit souvenir :
Elysian Fields – Queen Of The Meadow
C’est Lenoir – White Session (enregistrée le 26/03/2001, diffusée le 12/04/2001)
Nous prendrons ce qu’il y a à prendre
détruirons les symboles
comme si tout nous appartenait
trop longtemps privés de tout
nous marcherons main dans la main
hurlant à la mort
à en apeurer les loups
des larmes couleront
petites rivières de joie et de peine mêlée
exaltés nous entendrons le sang dans nos tempes
nous nous endormirons serrés, ne faisant qu’un
prenant chaque matin comme une nouvelle vie.
Les Valentins – Bastille Day (1993)
L.P. Les Valentins
Comme vous le savez sans doute j’ai en ma possession dans ma poche non loin du cœur un Blackberry qui diffuse un flot continue de musique et d’informations,— Si vous ne le saviez pas, suivez un peu bordel, je ne vais pas continuellement vous rappelez ce qui m’apparaît comme acquis — un avantage c’est que pour faire le traditionnel top de l’année il suffit de regarder dedans pour voir quels albums y sont encore, voici donc la selection non pas des disques de l’année mais des disques que j’ai le plus écouté cette année certifié par Research In Motion :
1. Of Montreal – False Priest
2. Arnaud Fleurent Didier – La Reproduction
3. Angus and Julia Stone – Down the way
4. French Cowboy – (Isn’t My Bedroom) A Masterpiece
5. Flight Of Conchord – I Told You I Was Freaky
6. Erik Arnaud – L’Armure
7. Florent Marchet – Courchevel
8. Arcade Fire – The Suburbs
9. François Morel - Le Soir, Des Lions Attention ! Les chiffres sont seulement à titre indicatif pas d’ordre de préférence là dedans :
Pour ce qui est de mon morceau de l’année, je pense que celui qui m’a fait le plus parler est évidemment Renée La Taupe, mais j’ai trop honte d’en parler, mon vrai morceau de l’année n’est évidemment pas de cette année mais de l’année derniere, oui je ne suis plus moderne sinon j’aurais cité un morceau de l’an prochain, bref ce morceau, celui que j’ai écouté en boucle, j’en ai déjà longuement parlé c’est Manset de Dominique A.
En vrac il faudrait rajouter quelques perles : les ré-éditions de Disintegration de Cure & celles de Saint Etienne, les disques auto-édités de Bertrand Betsch (notamment Je vais au silence, contenant des merveilles (la seule raison qui fait que ce disque n’est pas dans le top neuf plus haut, c’est que j’ai du mal à l’écouter dans le métro, il me plombe un peu j’avoue), il y a aussi un disque qui n’existe pas le recueil des Poésies du Jeudi de FredPom, le jeudi dans le déjà mythique 5/7 Boulevard de Philippe Collin, Frédéric Pommier nous livre une chanson/poéme/slam (au choix) sur l’actualité du moment, c’est drôle bien écrit et les choix des musiques sans fausse note (arf!) : Röyksopp, Sarde. Et comment ne pas citer aussi d’autres marottes qui m’ont encore accompagné cette année grâce à de formidables nouveaux albums : Midlake, Nada Surf, Magnetic Fields, Lightspeed Champion, Belle And Sebastian…
Voilà pour 2010, et j’ai même réussi à ne pas dire tout le mal que je pense du nouveau Katerine, et à ne pas parler de ma frustration de ne pas avoir eu droit à un nouveau Murat, c’est dire que je suis gentil…
Petit repost, parce que je chantonne ça depuis ce matin et étrangement ça met presque de bonne humeur…
Bien que je ne sois pas certain qu’il y ait de quoi…
Et évidemment big-up à Benoit !
On n’est pas sûr de tomber malade
Alors qu’on est sûr de mourir un jour, tous !
Georges Moustaki – Dire Qu Il Faudra Mourir Un Jour (1971)
L.P. Ma Liberté
Cela doit bien faire deux heures maintenant je suis devant les écrans, à triturer la souris, à me secouer les neurones et tout cela totalement en vain.
Alors au lieu de me forcer à écrire, de tirer à la ligne, un peu de musique.
En me promenant sur les secteur pas encore défectueux de mon disque dur, c’est une question de temps, je suis retombé sur des vielleries que je n’avais pas écouté depuis une éternité. Notamment ce morceau de Jean ’1990′ Leloup, cette star au Canada, oui ils ne nous envoient que leur chanteuses à voix, ils cherchent à s’en débarrasser et on les comprend, par contre il garde pour eux les bonnes choses comme par exemple les Collocs ou Jean Leloup donc. Même si deux de ses albums sont sortis en France, à part le tube 1990 (Mesdames et messieurs attention je vais vous faire une chanson le sujet en est ambitieux de mon image je suis soucieux), on n’a pas beaucoup entendu parlé de lui. C’est un vrai personnage fantasque & loufoque, il s’est métaphoriquement donné la mort sur scène : il a tué Jean Leloup pour redevenir Jean Leclerc, il a une image d’un ‘jouisseur’ de sexe et de drogue, ses textes sont souvent des trips où évidemment il est question de drogue et de sexe, mais pas seulement il peut aussi composé des chansons plus classiques au thème plus grave (la maladie, la dépendance etc.) ou pas (le voyage, l’amour).
Je vous conseil l’album ‘Le Dôme‘ c’est pour cette raison que je vous mets en écoute une chanson de l’album ‘Les Fourmis‘, parce que je fais ce que je veux. Vous pouvez aussi essayer de trouver ‘Je joue de la guitare (Best Of 1985-2003)‘ qui est un bon résumé.
Jean Leloup – Les filles à canon (1998)
L.P. Les Fourmis
Kiss me baby, kiss me all night long…
Il y a épidémie aujourd’hui dans la ville
tous les névrosés voient sur leur corps pousser
des objets étrangers
des cafetières, des soupières
des entonnoirs, des souricières
et même des armoires
Telle fille qui avait passé sa vie à gueuler
voit sa bouche transformée en haut parleur deux cents DB
Mais pourtant rien ne semble avoir bougé
les flics et les homos s’haïssent tout autant
Kiss me baby, kiss me all night long…
Et les plus dangereux sont les flics à tronçonneuse
Mais moins cependant que les skins marteaux piqueurs
Taillons une place aux complexés à agrafeuses industrielle
Sans oublier pourtant, sans oublier pourtant,
Les jeunes filles à canon…
Gare aux hélicoptères
Il y a des projecteurs sur le toit de l’édifice
Où le serrurier volant
A finit sa carrière
Gare aux hélicoptères
Le maire est dépassé
Sur son front une horloge
Une petite horloge sans agressivité
Comment faire pour convaincre le ministre à klaxon
Qu’il faut changer d’idée
Qu’il faudrait peut-être changer d’idée
Excusez-moi, il faudrait peut-être changer d’idée
Il faut changer d’idée
Il y a trop de militaires
C’est un cercle vicieux
C’est pourquoi je préfère
C’est un cercle vicieux
Kiss me baby, kiss me all night long
Bonus
J’avais il y a quelques temps déjà publié une chanson du bonhomme : Play It Loud — 53