A Complete Waste Of Time — 30

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Le 26 janvier 2009 vers 12:12 dans A Complete Waste Of Time

Plan média.
La compilation openspace est un vrai succès populaire, je crois que les gens avaient envie de retrouver l’ambiance de leur travail à leur domicile, car quoiqu’on en dise les gens aiment leur boite !
Elle suscite d’ailleurs analyse et débat au sein même des grands médias de masse populaire, la retranscription qui suit est signé Rota-C & Dom G, les brillants analystes de temps que nous vivont.. (Qu’ils en soient remercier jusqu’à cinquième génération) :

JC pour le CAG (Centre d’Analyse Giga) : Enfin le plan de relance de Barraux Inc. Il est vrai B. Inc. occupait un segment du marché, la compil’, sur lequel il n’avait pas de concurrent à sa hauteur, en raison aussi des nombreux services attachés qui font la joie de ses clients: pochette, thématique, extrait sonore « à la bien ». Mais il y a quelques temps Barraux Inc. s’était fait distancer en raison de l’obligation d’ouverture à la concurrence de son réseau aux nouveaux opérateurs, les fameux Giga dragons: GG (Dom), GP (Arno) et GB (David). Si GP opérait dans une zone relativement proche quoique ce rapprochement puisse être sujet à controverse par l’intéressé et avec raison; GG tentait pour sa part une ouverture à l’international notamment l’aire africaine. L’analyse de ses résultats d’exploitation et des déclarations dans la presse de GG Inc. laisse entrevoir néanmoins une forme de demi-échec, les produits GG Inc. ayant les plus grande difficultés à se débarrasser d’une image exotique ou club-méd., alors qu’ils sont toujours issus de bonnes fabriques, mais ne cherchant pas à plaire au Blanc trentaine amateur de pop-rock et lisant ce que GG Inc. qualifie avec une marque d’ironie non dissimulée, la Pravda. On saluera au passage GG Inc. pour sa précoce diffusion de M.I.A (Paper planes avec son bonus non négligeable que fut l’origine et la preuve du sample clashiste) qui explose en ce moment au cinéma des chiens de bidonville. En conséquence on observa un changement dans la stratégie commerciale du GG Inc. avec une ouverture en direction du créneau pop-rock, un relatif désinvestissement des territoires hip-hop et soul qui avaient marqué les débuts de l’entreprise et l’aire africaine et dont GP semble avoir pris des options sur celles-ci dernièrement. Et alors même que le créneau hip-hop soul électro qu’exploitait lui aussi avec la plus grande maîtrise GB Inc. n’était pas abandonné par ce dernier, raillant au passage GG Inc. tout en consolidant ses positions. Une controverse néanmoins semblait poindre sur la qualité révolutionnaire ou le rioting potential des productions ; il y avait déjà eu un précédant avec Justice. Birdy nam nam de ce point de vue peut se laisser appréhender dans les mêmes termes, en quoi une production versaillaise au demeurant de grande qualité et d’une facture impeccable serait-elle un manuel d’émeute. Les opérateurs des salles de marchés restent songeurs ; et de même qu’ils ont tendance à considérer que trop d’impôt tue l’impôt, s’agissant de Dalek, certains se demandent si trop de disto ne tuerait pas la disto. C’est ici néanmoins que surgit openspace, le nouveau produit d’appel de Barraux Inc. qui semble miser sur le reflux de la vague banque d’affaire pour se repositionner sur la banque de dépôt, plus précisément le dépôt de colère. Il est vrai que le créneau est promis à un bel avenir. On saluera donc à sa juste mesure la nouvelle tendance orientation Barraux inc. qui semble tenter une synthèse en délaissant le créneau spleenien qui avait fait sa marque de fabrique pour effectuer une ouverture sur le créneau véner faisant une incursion sur le créneau de GP, la shell du rock tout en conservant des positions old frenchies stuff qui ont tant contribué à faire des propositions Barraux inc. des produits reconnaissables entre tous.
Carole Gaessler : Merci à notre correspondant du CAG pour sa profonde analyse Giga-économique. C’est la fin de ce soir 3. Nous retrouvons tout de suite l’émission ‘Ce soir ou jamais’ de Frédéric TADDEI avec ses invités.
Frédéric Taddei : Bonsoir à toutes et à tous, ce soir sur le plateau de (…) alors je me tourne tout de suite vers Boris Cyrulnik, qu’est ce que vous entendez par « french connexion double bind » ? (rires)
Boris Cyrulnik : (rires) Je parlerais plutôt, car nous sommes encore sur le service public, de problématique de « double contrainte marseillaise » (rires)
F. T. : Très bien, merci pour votre traduction, le CSA nous a donné des consignes très strictes pour lutter contre la franglisation de notre émission (rires) J’en profite pour signaler aux téléspectateurs que mercredi prochain (…). Expliquez-nous Boris Cyrulnik !
B. C. : Pour le faire il faut à la fois un point d’histoire et un point de contexte. La double contrainte est un mécanisme psychologique mis à jour par l’Ecole de Palo Alto dans les années soixante et qui se traduit par l’injonction au sujet de deux ordres contradictoires entre eux mais d’une force et d’une intensité égale, de telle sorte qu’on ne peut obéir à l’un sans désobéir à l’autre. Rappelez-vous cette pub pour un parfum : « Sois-toi-même ! » Si on n’y obéit pas, on culpabilise de ne pas être soi-même, on est « altéré ». Mais si on y obéit, on n’est plus soi-même, mais celui qui simplement obéit à un ordre extérieur : Il devient impossible d’être soi-même ! (rires)
F. T : c’est très clair ! (rires)
B. C. Merci ! Mais c’est une situation qui se produit tous les jours et qui, parfois, conduit à des névroses, voire à des psychoses. L’élément de contexte c’est que…
F. T : Je vois que M. de Rosnay trépigne, je vous donne tout de suite la parole mais laissons finir M. Cyrulnik si vous le voulez bien…
B. C. : L’élément de contexte c’est la double stigmatisation dont a été victime Sylvain B. Je vais référence à ces deux phrases récentes. D’abord on lui reproche sa passivité en matière de réalisation de compilation, une promesse d’été 2008 sans réalisation aucune. Il se vexe. Et puis on lui enjoint un « sors de ta bulle » lourd de double-sens. Car le peut il sans se renier ? Ces deux injonctions sont d’origines marseillaises et agissent sur l’inconscient de SB comme une double contrainte, que je qualifie donc de marseillaise : SB est sommé de réaliser une compile saisonnière comme il en a l’habitude, mais il ne peut pas la réaliser selon ses recettes habituelles. Il DOIT la faire et il NE PEUT PAS la faire. Par conséquent le résultat est à la fois attendu et inattendu. Une compile de SB, qui ressemble à toute autre compile de SB : avec sa thématique, son artwork, ses virgules, sa maximisation des soixante-quatorze minutes. Mais une compile qui n’est déjà plus vraiment une compile de SB : multiplications des références extérieures, Stevie Wonder, Ludvig von 88 franchement ! Cette double contrainte marseillaise produit un OpenSpace névrotique, qui obéit à ses principes de base tout en laissant entrevoir une contestation interne de ceux-ci, c’est une compile qu’on peut qualifier de… « crise » en somme ! Ai-je envie de dire (rires)
Joël de Rosnay : Je ne suis pas tout à fait d’accord avec M. Cyrulnik…
F. T : ah non ? (rires)
J. de R. : (rires) En toute amitié Boris ! Non, je crois que la compile n’est pas seulement recevable sous le mode de l’attendu inattendu ou de l’inattendu attendu, qui après tout sont des modalités presque caricaturales du sylvainbarrisme – « tout change donc tout est pareil« , rappelez vous, son recyclage insu et cryptomnésique de Guiseppe Tomasi di Lampedusa ! (rires) – Non, ce que ne prend définitivement pas en charge la néo-compile Open Space c’est le monde actuel et à-venir, le web 4.0, symbiotique et « pervasif »…
F. T : Que voulez-vous dire ? (rires)
J. de R. : C’est une compile totalement archaïque ! Qui, aujourd’hui, achète encore des CD à l’heure des bittorrent, du P2P, du Ipod et du BlackBerry ? Qui aujourd’hui grave encore des CD ? Qui s’amuse à décorer des jaquettes ? (rires) L’archaïsme c’est de concevoir – au risque du remplissage jusqu’auboutiste – une compilation de 74 minutes, une durée faite pour épuiser la contenance d’un format aujourd’hui presque lui-même épuisé et quasi introuvable, à l’heure de la dématérialisation virale pré-symbiotique… Et j’ajouterais que l’archaïsme c’est aussi son « sujet » : le travail et l’aliénation qu’il engendrerait, honnêtement, à l’ère de la multi-activité poly-centrée projectuelle et réticulaire !
Michel GONDRY : Mais c’est aussi la beauté du low-tech !
F. T : Michel Gondry, vous êtes-je le rappelle pour les téléspectateurs — le réalisateur de ‘S’il vous plait : Rembobinez’ ! Donc vous êtes en désaccord avec Joël de ROSNAY ? Vous défendez Open Space au nom du low-tech ?
M. G. : Oui ! Parce que le low-tech contrairement à ce qu’on croit, c’est l’avenir. Il ne faut pas oublier que le futur consiste à rembobiner nos souvenirs ! (rires) Moi j’éprouve du plaisir à l’écoute d’Open Space, comme quand à 35 ans on se tape à la cuiller un pot entier de Nutella ou qu’on se matte l’intégrale du ‘Prisonnier’ in memoriam, et en quoi c’est mal ça hein ?! (rires). Moi, je suis sensible à la finesse des petits montages, aux multiples extraits de ‘Message à caractère informatif’ (la gé-niale gé-niale COGIP !), aux coupes issues de ‘La dialectique peut elle casser des briques’ en introduction, ce n’est pas rien ça, hein ! Toutes ces pubs détournées par des humoristes des années quatre-vingt-dix ou par un néo-humoriste du vingt-et-unième siècle ! Moi j’ai carrément hâte qu’il se mette à faire ces compiles avec une face A et une face B sur des K7 BASF HF90 min ! (rires)
B. C. : J’aimerais ajouter – car n’ai pas encore eu le temps de dire – que l’univers sylvainbarrien c’est le carcéral-ordinaire mâtiné de dénonciation approbatrice, c’est…
[EMISSION COUPEE]


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