Courrier — 23

Pas de commentaire
Le 06 février 2007 vers 19:19 dans Courrier

Anna.
Ce matin un commentaire sur mon blog & cela serait dommage qu’il passe inapercu :

Le 06 février, 2007 10:41, voici ce que Jean Segura pensait…

Petit historique du film Anna de Pierre Koralnik par Jean Segura C’est le vendredi 13 janvier 1967 à 21h40 que les téléspectateurs français découvrent Anna sur la 2ème Chaîne de leur poste TV noir et blanc. La comédie musicale de Pierre Koralnik, produite par Michèle Arnaud, fait alors l’effet d’une bombe dans le paysage audiovisuel des années 60 ; secouant la France engourdie des années gaulliennes par son côté « nouvelle vague », la photo peu académique de son chef opérateur Willy Kurant, la chorégraphie endiablée de l’américain Victor Upshaw, et les chansons aigres-douces de Gainsbourg. Les arrangements de Michel Colombier, qui dirige l’orchestre, vont donner des couleurs électriques à la partition de Gainsbourg, déjà sous l’influence du rock d’outre-Manche. Quant à Anna Karina, encore très marquée « Godard », elle va, aux côtés d’un Jean-Claude Brialy séduisant et désabusé, et d’un Gainsbourg railleur et cynique, dévoiler aux téléspectateurs la plénitude de ses talents : chantant et dansant Gainsbourg, tour à tour rockeuse ou romantique, comique et bouleversante, maladroite et charmante. Les apparitions d’Eddy Mitchell et de Marianne Faithfull, deux chanteurs de qualité, donnent un piquant supplémentaire au film de Koralnik. À la suite du film vont sortir un album 33 tours et un 45 tours, disques devenus très vite « collector », d’autant que Sous le soleil exactement, interprété par Anna Karina, est immédiatement un tube et que le titre restera, dans l’œuvre de Gainsbourg, un avant goût de ce qu’il fera plus tard avec Bardot et Birkin. Mais une rumeur laisse entendre qu’une sortie en salle est prévue. Le 17 avril 1967, Anna est présenté à l’ouverture du troisième Festival de Jeune Cinéma d’Hyères. Cependant, ni cette tentative ni d’autres n’y feront, et seuls quelques privilégiés pourront découvrir (ou redécouvrir) Anna sur grand écran à l’occasion d’improbables projections. D’autres auront la chance, à partir des années 1990, de le (re)voir lors de rediffusions à la télévision, avec –enfin- la couleur. Alors, Anna, film culte et maudit à la fois ? Faisant partie du patrimoine de l’ORTF, Anna est depuis quarante ans une pépite enfouie dans les archives de l’audiovisuel public, gardées depuis 1975 par l’INA ; une « belle au bois dormant » dont on se plait à croire qu’elle sortira un jour de son long sommeil.
Jean Segura est auteur et journaliste français.
Un article plus complet peut être consulté sur le lien : http://www.ruedescollectionneurs.com/magazine/mag/anna.php


A quoi pensez vous ?