Courrier – 14

Pas de commentaire
Le 09 mars 2006 vers 19:19 dans Courrier

Télécran
Message d’un non-lecteur, sur le peu de nos vendredis soirs et le rien de nos philosophes :

Objet : Gare aux Barbouzes
Campus, l’émission que je regarde pour éteindre la télé.
Démonstration :
Angot fait l’éloge de Duras, qui « est tout » donc qui « n’est rien », véritable signe de l’immodestie de l’auteure, comble de sa dépersonnalisation, c’est l’idée même de la littérature, etc. En même temps, Duras incarne la Première Femme AuteurE (une femme, une auteure) Visible.
[NDSy! :Pour comprendre ce E majuscule lisez Petit déjeuner chez Tyrannie suivi de Le crétinisme alpin de Eric Naulleau & Pierre Jourde.]
C’est sans doute là une sorte de ruse de la personnalité ou, dit autrement, angotement, comment « n’étant rien » on « devient tout », mais on doit à BHL (il vit encore, il a du succès, « c’est l’actualité qui veut ça » dirait presque Durand) d’illustrer le sophisme en name-droppant trois femmes-filles-auteure, insignes descendantes de la mère-Duras, cette grande fécondatrice de la littérature française contemporaine :
1. Christine Angot
2. Ma fille Justine
3. Guillaume Dustan

Ah ! Mais
Quelle fécondité !
Off.
Je me console en me replongeant dans la conception policière de l’Histoire de Monsieur X. Le SAC, Service d’Action Civique, bras armé du gaullisme, Pasqua-Focquart-coups tordus, tout ça pour en venir à justifier l’objet de mon message : une superbe petite chanson des Frères Jacques sur les Barbouzes dans cette impeccable programmation musicale, beaux mots et pirouette finale. La révélation du soir ce n’est donc ni à Angot, ni à BHL, ni à Monsieur X que je la dois mais c’est cette comptine sautillante interprétée par quatre ou cinq Dalton en maillot de corps en Lycra qui éclaire ma journée, cinq minutes avant le sommeil. Si j’osais… faire le philosophe… Je dirais : ces Grands Messieurs de la Chanson Française, à qui l’on doit Philippe Katerine, etc.
Au lit.

BHL (un homme) Cette homme dont l’égo à percer l’intelligence. dixit la femme (une femme) de Daniel Pearl (un homme).
Angot (une femme), BHL (un homme), sont-se encore des humains ou de simples marques trademarker, fabriquant des produits dérivés d’eux même…
Angot (une femme), BHL (un homme), un nom propre prêt à devenir commun, et un autre en acronyme, en sigle…
J’ai vu l’émission, j’ai été affligé également tant par la femme que par l’homme, la femme devenu chroniqueuse vantant une femme (une autre) avec un discourt plein de sophisme se voulant heu comment dirais-je ? intelligent, impertinent, drôle ? Je ne sais pas.
Angot (une femme), BHL (un homme) & Dustan (un homme)
On atteint là des ‘auteurs’… L’œuvre (en tant que ‘production’) n’existe plus, seul compte la cause, la condition d’auteur, la posture finalement. Il suffit d’être auteur pour devenir auteur, écrire une ligne est superflu et même déconseiller (on risquerait de voir à la supercherie)…
Cela m’est de plus en plus insupportable de voir ce Tango Interminable des perceurs de coffres-forts(1), se vautrant dans l’autosatisfaction, la flatterie mutuelle, le copinage et les renvois d’ascenseur…
_______________________
(1) = Une autre chanson des Frères Jacques, sur un texte de Boris Vian.


A quoi pensez vous ?